Metiers anciens Menilles Normandie

Métiers anciens

Les moyens contemporains de déplacement nous font oublier qu’autrefois un village devait s’organiser, quelque peu replié sur lui-même. C’est ainsi qu’étaient pratiqués à Menilles, bon nombre d’anciens métiers aujourd’hui disparus.

Outillage Sabot

En 1870, comme beaucoup de communes rurales, Menilles était essentiellement tourné vers l’agriculture. On ne comptait pas moins de 29 vignerons et 14 agriculteurs. Mais aussi trois entrepreneurs de battage pour battre le blé, deux maraîchers et deux jardiniers ainsi qu’un grainetier.

Bien que les maisons d’habitations et leurs dépendances, faute de grands moyens, étaient souvent construites par les habitants eux-mêmes avec des pierres tirées des carrières et des bois de récupération ; on recensait à Menilles un terrassier, six maçons, deux charpentiers et trois menuisiers.

D’autres petits artisans y travaillaient. Les quatre scieurs de long débitaient le bois manuellement à la scie. Deux tonneliers fabriquaient et réparaient des tonneaux pour y stocker le vin. Deux maréchaux ferraient les chevaux. Le vannier tressait les paniers et corbeilles d’osier. Le chaudronnier fabriquait les chaudrons et ustensiles de cuisine, puis le ferblantier les contenants en fer-blanc (tôle recouverte d’étain). Le taillandier forgeait des outils de coupe pour les artisans. Le serrurier fabriquait clefs et serrures.

La mode campagnarde de l’époque qui s’attachait plus à la commodité qu’au style était distribuée par les deux marchands tailleur, un marchand de nouveautés, un tisserand, le cordonnier, le perruquier (coiffeur) et un fabriquant de boutons. Les durs travaux quotidiens usaient les sabots fabriqués à la main par le sabotier.

Il est probable que le boulanger, le boucher charcutier et le laitier fournissaient essentiellement les habitants aux meilleurs revenus. Dès qu’ils possédaient un coin de jardin, les Menillons cultivaient leurs légumes et engraissaient leurs lapins et volailles, quand ils n’étaient pas ramenés de la chasse. Certaines maisons qui possédaient un four, permettaient la cuisson du pain. L’ordinaire était amélioré par des achats chez l’un des quatre épiciers et des deux marchands de vin.

La petite industrie et le commerce étaient représentés par un fabricant de chocolat, un fabricant de bois cintré, cinq négociants en bois, deux négociants en grains et farine, un marchand de foin à l’export ainsi qu’un commerçant de liquide en gros.

Chaise fabriquée à Menilles

Chaise

En 1870 étaient aussi présents à Menilles un aubergiste limonadier, un brocanteur, un curé, un instituteur et un cantonnier.

En 1930, près de 60 années plus tard, exerçaient à Menilles – matelassier, chaisier, poissonnier, coiffeur, mécanicien vélo, mercier, serrurier, menuisier, rempailleuse de chaises, lavandière, trois épiciers et deux maçons.

Notre confort… oui, mais depuis quand ?

De nos jours, le confort des habitations nous semble évident. Et pourtant, il y a moins d’un siècle …

Le courrier était acheminé par diligence sans distribution organisée avant que la poste ne s’installe à Menilles en 1893.
L’échange des nouvelles avec de lointains parents n’avaient lieu qu’en écrivant de longues lettres et quelques cartes postales avant l’arrivée du téléphone à la poste de Menilles en 1909.
Les travaux du soir se faisaient à la chandelle, à la bougie ou pour les plus aisés devant la lampe à pétrole. L’utilisation de la lumière électrique ne se fit qu’à partir de 1910 uniquement pour ceux qui habitaient dans le bourg. Le quartier de la Grand-Cour ne fut raccordé au réseau électrique qu’en 1921.
C’est en 1950 que quelques Menillons purent regarder en noir et blanc les programmes télévisés de l’ORTF.
Les puits furent longtemps utilisés avant de commencer à avoir l’eau courante au robinet de la cuisine en 1960.
Puis le gaz naturel fournit son énergie depuis 1975.
L’ADSL (internet à haut débit) est arrivé à Menilles avec le nouveau millénaire le 11 janvier 2001.