Le coteau

Le coteau

Du chemin de la Côte Lubin à la Côte du Chesne puis, depuis la sente de la côte saint Vincent, la vallée de l’Eure offre une vue gaie et verdoyante. En bas, les grands arbres soulignent les courbes de la rivière en la laissant apparaître ça et là au détour d’un méandre.

Un site exceptionnel …

La vallée de l’Eure constitue un couloir permettant la remontée d’influences climatiques méridionales (et continentales). Le coteau situé entre Menilles et Cocherel possède une exposition idéale favorisant le développement de certaines espèces rares pour la région. Les éboulis calcaires, qui empêchent l’eau de stagner, représentent un milieu sec identique à certains pierriers méditerranéens. On remarque ainsi autour de La grande marnière des espèces parfaitement adaptées à cet habitat particulier : le Gaillet de Fleurot et le Liondent des éboulis.
Les Pelouses sèches – L’autre habitat remarquable du coteau, est l’ensemble de pelouses à orchidées qui le recouvre en grande partie. Ces pelouses sèches sont couvertes de graminées – Seslérie bleue, Brachypode penné (appelée par les éleveurs l’herbe sûre), Fétuque ovine, Koelérie pyramidale. Au printemps, de nombreuses fleurs l’égayent. On y découvre l’Astragale de Montpellier qui se développe couramment en région méditerranéenne, Massif central et Charente, puis exceptionnellement pour la latitude à Menilles, Giverny, La Roche Guyon et Pacy-sur-Eure. D’autres variétés tel l’Orobanches, la Germandrée des montagnes, la Germandrée petit chêne, l’Epipactis rouge noir, le Thésium couché, la Fumana couché, l’Hélianthèmes et la Gentiane d’Allemagne apprécient cet habitat.

 

Les Orchidées – Sur les pelouses utilisées autrefois par les bergers poussent plusieurs orchidées dignes d’intérêt. L’Épipactis pourpre rouge, l’Orchis militaire, l’Orchis pourpre, l’Ophrys bourdon et l’Ophrys abeille sont des espèces rares pour la région. Elles sont adaptées à la sécheresse ainsi qu’au pâturage. Leurs tubercules permettent le stockage hivernal de réserves nécessaires à la repousse printanière d’une rosette de feuilles. C’est le stockage des sucres élaborés grâce à la photosynthèse au niveau des feuilles pendant la belle saison qui permet la constitution d’un nouveau tubercule pour passer l’hiver suivant.

Les Friches – De nombreuses parcelles du coteau, autrefois entretenues par le pâturage des moutons, sont aujourd’hui envahies par de jeunes boisements de hêtres et d’églantiers. En sous-bois, s’observe la présence de la Céphalanthère à larges feuilles reconnaissable à sa floraison en forme de tête et à ses larges feuilles.

Les Lézards – Deux espèces de lézards se reproduisent sur le coteau. Le lézard vert y défend son territoire de chasse. Pendant la saison des amours, le mâle porte une gorge de couleur bleue. Il peut mesurer 50cm de longueur. Un peu plus petite, la femelle est entièrement verte. Elle dépose sa ponte annuelle de 5 à 20 œufs au fond d’un trou qu’elle a creusé dans le sol. Présent dans les taillis et les broussailles, ce lézard est capable de grimper aux arbres. Il se nourrit d’insectes et de criquets. L’étendue de la côte permet d’abriter environ une dizaine de couples. Notre lézard vert n’est pas le maître absolu du lieu. La vipère péliade est l’un de ses prédateurs avec le renard.

Le lézard des murailles est plus petit. On le rencontre couramment près des habitations, se déplaçant avec rapidité, lézardant au soleil le long d’un mur ou d’un tas de pierres.

Les Papillons – La côte abrite aussi quelques papillons. Au hasard d’une promenade d’été, peut-être croiserez vous la Zygène de la petite Coronille ainsi que l’Ascalaphe ambrée joliment nommée « papillon libellule ».

La Pierre – Creusées dans le coteau, les nombreuses carrières de Menilles alimentaient les villageois en pierre pour les constructions. La tour de l’horloge d’Evreux a été bâtie avec de la pierre de Menilles. Au sommet de la côte Roederer ainsi que dans les champs au lieu-dit Les Grouettes, s’observe encore une curieuse pierre plate. Nommées Grouettes, les pierres sont empilées les unes sur les autres, de petite taille en surface jusqu’au gros blocs en profondeur. Elles ont la particularité d’avoir un côté droit.

De la côte, fut aussi tirée pendant plusieurs siècles de la marne utilisée comme amendement calcaire pour les cultures.
Les Grouette – pierres de Menilles

NATURA 2000

Comme plusieurs autres sites de la vallée, le coteau de Menilles à Cocherel a été remarqué pour l’intérêt particulier de sa faune et sa flore. Il est pour cela désigné par le ministère de l’écologie et du développement durable pour entrer dans le projet communautaire

Natura 2000.

Observation – Une promenade sur le coteau réservera encore d’autres surprises et d’autres découvertes aux curieux.

Les oiseaux sont les animaux sauvages que l’on observe le plus facilement. Il est dans ces cas, toujours appréciable d’avoir avec soi des jumelles. Discrétion et patience seront de rigueur et toujours récompensées par l’apparition de petits oiseaux tels un rouge-gorge, une mésange, un chardonneret, un couple de pinsons ou un verdier. La vallée et le coteau sont aussi habités par des faisans, des pies, merles, corbeaux et faucons.

Les mammifères et autres reptiles sont quant à eux plus discrets. Seules quelques traces au sol, coulées ou déjections laissent un signe de passage. Ils sont pourtant nombreux, dans tous les milieux – couleuvre, vipère, mulot, lapin de garenne, renard, fouine …

Natura 2000