Lavoir de Menilles

Lavoir de ménilles

S’infiltrant profondément dans le sol, l’eau de pluie fait gonfler les nappes. Après de nombreuses années d’un périple souterrain, l’eau profite de fissures et de lits d’argile pour rejaillir à la surface sous forme de sources.

Autrefois …

C’est l’une de ces sources qui alimente le lavoir de la côte Roederer. Il était autrefois utilisé par les habitants pour les lessives ainsi que le lavoir de la rue de Croisy en bordure de rivière.

Dans les maisons de notables ou les grandes fermes, des lavandières professionnelles lavaient le linge. Dans les familles plus humbles, c’est la maîtresse de maison qui était en charge de cette tâche.

Le linge était placé dans une lessiveuse et mis à bouillir dans un mélange d’eau et de cendre de bois. Cette lessive naturelle redonnait « sa blancheur au blanc ». Le rare petit linge de couleur était lavé dans un baquet d’eau chaude savonneuse, puis frotté à l’aide d’une brosse sur une planche. L’ensemble, mis dans une bassine, était ensuite transporté en brouette jusqu’au lavoir municipal. Là, en commentant avec malice les derniers potins du village, les lavandières rinçaient au fil du courant de la rivière. La meilleure place était située en amont afin de ne pas recevoir l’eau de rinçage des autres lavandières. Le linge était tordu et battu à l’essorage. De retour à la maison, l’étendage sur l’herbe en plein pré donnait naturellement une douce fraîcheur printanière.

Les armoires normandes de nos grands-mères étaient autrefois remplies de lourds draps blancs. Dans les fermes, ce que l’on nommait la grande lessive avait parfois lieu une ou deux fois par an et mobilisait alors toute la famille.