Rivière de Menilles

La rivière

Allées ombragées et chemins incitent à la promenade le long de la rive de l’Eure. Bras et méandres conduisent le flot. L’Eure coule doucement au fond de la vallée. Espace de promenade, de repos et de fraîcheur l’été, l’Eure inviterait presque à y tremper les pieds pour s’y rafraîchir.

A Menilles, la rivière est un lieu fréquenté par les truites, brochets, barbillons, perches, gardons et sandres mais aussi par les pêcheurs.

Autrefois

Longtemps, très longtemps avant qu’elle ne soit déclassée en rivière non navigable, croisant des terres qui deviendraient plus tard celles de Menilles, les vikings remontèrent l’Eure, halant leur embarcation jusqu’aux environs de Dreux.

Bien qu’elle soit depuis fort longtemps enjambée par un pont, la rivière reste un obstacle naturel. Lointain est le souvenir du premier pont en bois. Dans la seconde moitié du XIXè siècle, un pont Eiffel d’acier fut lancé. Il fut détruit à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, miné par les allemands l’été 1944. Son importance pour les déplacements provoqua sa rapide reconstruction en béton dès 1945. C’est encore ce pont que l’on utilise de nos jours pour se rendre à Croisy/Eure.

Avant la construction du premier pont, l’accès à Croisy-sur-Eure se faisait par un gué. Celui-ci se situait non loin de la rue du Gué, en un lieu actuellement nommé Le moulin de Clély. L’été, la faible hauteur d’eau permettait une traversée à pied.

Pendant les autres saisons, les services du passeur attaché au bac ou au batelet étaient indispensables. La taxe de passage, surtout pour les gens de petite condition, devait imposer des traversées justifiées. De plus, il fallait parfois attendre quelques temps avant de traverser, le passeur ne pouvant être contraint de passer à moins d’une recette égale au passage de six personnes à pied. De la traversée d’un piéton seul avec son panier pour 3 centimes à l’équipage complet d’un chariot de roulage à 4 roues chargé de marchandises tiré par 3 chevaux avec son conducteur pour 60 centimes, le tarif détaillé livré par les archives prête de nos jours à sourire.

La taxe de passage

Les archives témoignent d’une délibération du gouvernement de la République du 30 nivose de l’an 12 (21 janvier 1804) concernant les droits exigibles sur les bacs et bateaux de passage dans le département de l’Eure.

Personne seule non chargée ou chargée d’un panier de moins de 5 kg : 3 centimes
Marchandises chargées à bras d’homme jusqu’à 5 kg : 3 centimes
Cheval ou mulet et cavalier valise comprise : 10 c
Ane ou ânesse chargé : 4 c
Ane ou ânesse non chargé : 3 c
Cheval, mulet, bœuf, vache âne employé au labour ou allant au pâturage :3 c
Bœuf ou vache de marchand destiné à la vente : 6 c
Mouton, brebis, bouc, chèvre, cochon de lait, paire d’oie ou dindon : 2 c
Conducteur de chevaux, ânes et mulets : 3c
Voiture suspendue à 2 roues avec cheval ou mulet et conducteur : 20 c
Voiture suspendue à 4 roues attelée de 2 chevaux ou mulets et conducteur : 35 c
Charrette chargée attelée de 2 chevaux ou mulets et conducteur : 25 c
Charrette chargée attelée de 3 chevaux ou mulets et conducteur : 40 c
Charrette employée au transport des engrais ou à la rentrée des récoltes + un cheval ou 2 bœufs et le conducteur : 10 c
La même à vide : 8 c
Chariot de roulage à 4 roues chargé avec cheval et conducteur : 30 c
Chariot de roulage à 4 roues chargé avec 2 chevaux et conducteur : 40 c
Chariot de roulage à 4 roues chargé avec 3 chevaux et conducteur : 60 c
Chariot de roulage à 4 roues à vide avec cheval et conducteur : 15 c

Sans accompagnateur, le batelier ne pouvait être contraint de passer isolément chevaux, mulets et bœufs. Les gendarmes en tournée ou les militaires en corps de troupe ou avec une feuille de route étaient exempts de la taxe.